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Ouganda : Museveni, le "libérateur" devenu doyen des dirigeants africains

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Ouganda

En 1986, Yoweri Museveni accédait au pouvoir en Ouganda après des années de chaos et de violence sous des régimes tyranniques.

À l’époque, ce jeune président dénonçait déjà les dirigeants africains qui s’éternisaient au pouvoir, pointant du doigt ce phénomène comme l’une des racines des problèmes du continent. Près de quarante ans plus tard, l’introspection a cédé la place à une réalité bien différente : Museveni, autrefois salué en Occident comme un modèle de gouvernance, s’est lui-même inscrit dans la liste de ces dirigeants qu’il critiquait autrefois.

Derrière son allure affable et son talent pour les paraboles populaires se cache un passé de combattant de guérilla rusé et de survivant politique impitoyable. En quatre décennies de règne, Museveni a si bien fusionné l’État et son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), tout en écrasant toute opposition, qu’il a rendu quasi impossible toute remise en cause de son autorité.

À 81 ans bien que certains opposants estiment qu’il est plus âgé Museveni se déclare en pleine forme et prêt à briguer un septième mandat après l’élection de jeudi. Lors de ses longs discours, émaillés de références à la sagesse paysanne, il compare souvent son rôle à celui d’un agriculteur quittant sa plantation au moment où elle commence à porter ses fruits. Son slogan pour 2026 ? « Protéger les acquis ». Il ne manque jamais une occasion de rappeler ses exploits pendant les guerres de brousse, troquant parfois son emblématique chapeau de safari contre un treillis militaire.

Un parcours marqué par l’idéalisme révolutionnaire

Dans les années 1960, Museveni étudiait à Dar es Salaam, en Tanzanie, où l’université servait de creuset pour les anticolonialistes. Le journaliste britannique William Pike, qui l’a interviewé en 1984, décrivait un homme admiré, au « regard lointain, celui d’un rêveur, d’un révolutionnaire ». « Il était intensément sérieux, mais avec des éclairs d’humour. Il encourageait le débat, bien que ses officiers restassent déférents », écrivait Pike en 2019. « La confiance de Museveni était contagieuse. »

Cette image positive s’est étendue à la communauté internationale, séduite par ses premières avancées en matière de croissance économique, de réduction de la pauvreté et de lutte contre le VIH/sida. Stratège avisé, Museveni s’est positionné comme un sage et un faiseur de paix dans une région instable, malgré les exactions de ses troupes en République démocratique du Congo et les violations d’embargos sur les armes au Soudan du Sud.

Son engagement militaire contre les jihadistes en Somalie et sa politique d’accueil des réfugiés lui ont valu le soutien des donateurs étrangers, malgré les scandales de corruption qui ont émaillé son règne. En 2023, son approbation d’une loi anti-LGBTQ+ parmi les plus répressives au monde a suscité une vague de critiques internationales, mais Museveni a promis de tenir bon.

Issu d’une famille d’éleveurs, Museveni avait un jour promis de se retirer pour s’occuper de ses chères vaches Ankole aux longues cornes. Pourtant, il a survécu à presque tous les dirigeants du continent, ne laissant derrière lui que Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale) et Paul Biya (Cameroun).

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